les rituels créatifs des écrivains

Le rituel créatif d’écriture

S’il est un sujet cher aux auteurs et probablement une quête en perpétuelle évolution, le rituel créatif d’écriture s’inscrit en haut de la liste. L’acte d’écrire, pour créer de la fiction par exemple, exige des conditions favorables qui diffèrent selon chacun. Toutefois, les principales conditions sont l’envie et le moyen minimum d’écrire. Toutes les autres, le temps dédié, la disponibilité mentale, l’énergie, le lieu, la santé, etc… sont surmontables si elles font défaut. Évidemment, plus il manque de conditions idéales, plus les efforts devront être importants pour parvenir à se lancer ou poursuivre son manuscrit en cours. Mais, les solutions existent. Quelle que soit la situation, l’auteur peut et doit s’organiser. La clé pour atteindre ses objectifs réside dans l’acceptation des contraintes à surmonter et à affronter chaque jour sans attendre un quelconque souffle providentiel de motivation qui n’émane pas de vous. Le principal obstacle est bien souvent l’auteur lui-même, qui s’enferme dans ses excuses pour ne pas agir tout de suite et reporte son travail à plus tard : la bien connue « procrastination » fatale à d’innombrables projets.

“Nous façonnons d’abord nos habitudes, puis nos habitudes nous façonnent.”
John Dryden

“Le génie est une habitude que prennent certains.”
Paul Valéry / Tel quel

En transformant les actions nécessaires à votre projet d’écriture en rituels quotidiens vous ne vous poserez plus de question et le travail avancera. Un rituel ça s’installe et devient une véritable habitude automatique.

Pour prendre un exemple simple, quand j’ai écrit Code Salamandre (thriller, Éditions Belfond, 350 pages), j’avais encore un emploi à temps plein en tant qu’ingénieur dans une grande entreprise, ma femme était enceinte de notre première fille, la maison encore en pleins travaux… et le jardin un véritable champ de mines qui n’attendait qu’un travail de força pour ressembler à quelque chose. Écrasé par le crédit coquettement lissé sur 25 ans, il était préférable que je ne compte que sur moi pour le maximum des travaux (que madame envisageait d’être réalisés évidemment très vite… bébé arrive, souvenez-vous). Avantage toutefois, j’avais au moins la chambre rose de la future petite à venir comme bureau. Code Salamandre était alors mon troisième roman, avec l’attente de mon futur et nouvel éditeur, Belfond, qui m’assurait la publication si le livre tenait la promesse du synopsis. Autant dire que l’espoir de vendre un maximum de livres pour ne pas avoir à retourner toute la terre du jardin, seul, me motivait. Le rêve, engager un brave jardiner, bien outillé, pour s’occuper du terrain, pensez donc, ça fait pisser la ligne et remplir du feuillet ça. Vous l’aurez compris, le carré de potager d’un mètre sur un mètre ça me va, mais pas au-delà… J’ai donc été dans l’obligation absolue de trouver une solution qui m’assurerait de boucler mon manuscrit avant de recevoir les coups de fil et les mails de mon éditrice, aussi bienveillante soit-elle.

L’organisation, la mise en place d’un rituel

Tout le monde peut établir et tester un rituel. Il est incontournable de ne pas au moins essayer. Ne serait-ce que pour être crédible auprès d’un éditeur par exemple ou auprès de ceux qui suivent l’évolution de votre travail. Dans mon cas à l’époque de Code Salamandre, j’avais déjà établi de commencer par gratter 30 minutes d’écriture tous les matins avant de me rendre à mon travail. J’adorais le silence et la solitude à la maison, juste 30 minutes pour moi. J’étais écrivain au moins 30 minutes chaque matin de mon existence, avant de me retrouver dans les embouteillages avec ma chemise, ma veste, mon badge d’accès aux bureaux, mon ordinateur portable (d’entreprise), plein à gaver de mails et de réunions. Ces 30 minutes si précieuses étaient intensément exploitées jusqu’à la dernière seconde. Ce rituel, je le préparai la veille au soir. Car le soir, je m’attelais, suivant la disponibilité, à écrire au moins une heure ou deux… n’oubliez pas, la maison était en travaux, et là, la chemise et la veste laissaient place au tee-shirt et au jeans usé. L’important pour moi, même rincé après une journée de travail en entreprise et après les travaux du soir, c’était de retourner à mon manuscrit. D’abord relire les derniers paragraphes écrits, poursuivre et surtout toujours préparer le rituel du lendemain matin avant de terminer ma séance du soir. Volontairement, Hemingway ne terminait pas sa dernière phrase le soir, pour mieux repartir le lendemain. C’est comme préparer le premier coup de pédale sur le vélo pour se lancer. Réfléchissez le soir à l’idée ou à la scène que vous allez écrire en un jet le lendemain matin. C’est doublement efficace, car votre cerveau va y travailler dans la nuit de façon inconsciente. Le lendemain matin, pas de question à se poser, 30 minutes d’action, direct dans le feu de ce que vous avez préparé la veille. Efficacité redoutable.

Je n’ai jamais été aussi bien qu’en commençant ma journée par ce qui avait une immense importance à mes yeux, un joyau de satisfaction personnel, l’écriture de mon roman à venir. Pas de frustration à l’horizon, du moins pas trop. Imaginez le bonheur quand j’utilisais le joker d’une journée de RTT… une journée entière ! La gourmandise. Le manuscrit avance ainsi. Entre rituels et moment volés à l’arraché. Les quelques heures d’écriture du week-end et pendant les vacances doivent être complétées par les rituels au quotidien.  

L’écrivain Antoine Audouard, victime d’un AVC n’a jamais renoncé malgré son handicap, et a écrit son roman d’un seul doigt. Une véritable résurrection face aux obstacles.

Ne vous trouvez aucune excuse, « ritualisez » et écrivez.

Le passage à l’action, la clé fondamentale pour réussir

L’élément le plus important pour tous les rituels et pour devenir efficace, c’est le passage à l’action, le démarrage, ce bref instant qui change tout. C’est exactement la même chose que pour un frileux à la piscine qui n’aura de toute façon pas d’autre choix que celui d’aller dans l’eau, tôt ou tard. Allez-y, direct, cash, comme si le lait débordait de la casserole, vous traiter le problème tout de suite, frontalement. Plongez-vous dans votre écriture sans accorder la moindre attention à toutes les distractions et en rejetant en bloc tous les empêchements parasites qui vous tombent dessus. Le cerveau est extraordinaire pour transformer toutes vos craintes en empêchements et cherche par tous les moyens à vous stopper. Pourtant, vous n’avez qu’une envie, c’est avancer votre écriture. Mais les imperfections vous font peur, vous doutez de ce que vous allez produire, vous avez encore la possibilité de remettre votre travail au moins une fois au lendemain… Non ! Foncez. Dans le bain direct, pas de question. Ce sera d’autant plus simple si la pédale est prête pour vous lancer (cf la préparation de la veille).

La méthode imparable : imposez-vous seulement 5 minutes pour écrire directement. 5 minutes et seulement ensuite vous verrez, si vraiment, vous devez reporter à plus tard. Généralement, une fois que la machine a démarré, vous continuez. Et quand votre séance est terminée, si elle dure 30 minutes, 1h ou 2h, vous en tirerez une très grande satisfaction.

Facilitez-vous la vie, trouvez les astuces qui fonctionnent pour vous

Stephen King propose d’écrire devant un mur sans rien dessus, ni rien autour de vous. Fermez la porte de votre bureau, ou isolez-vous le plus possible.

Aujourd’hui plus que jamais, coupez évidemment, au moins pour votre session d’écriture, tous les réseaux, téléphones et autres distractions. On a tendance à les laisser à côté de nous, à portée de main, et surtout actif. Réussir à se couper de tout, au moins pour un moment c’est à la fois salutaire pour votre projet d’écriture en cours, mais aussi très bon pour votre santé… histoire de réduire la dépendance à la technologie qui s’enracine dans vos neurones.

Trouvez tout ce qui va vous motiver et « ritualisez » avec. Pour certains ce sera un genre musical, ou une séance de sport avant, ou une consommation excessive de thé, de café, de chocolat… pour d’autres ce sera un lieu particulier à domicile ou en extérieur.  

Il est toutefois fréquemment remarqué, par de nombreux auteurs à succès, que les premières heures de la journée sont les plus favorables (Dan Brown, Amélie Nothomb, Bernard Werber…). Personnellement, le matin et le soir sont deux moments très propices que j’exploite au quotidien, 7 jours sur 7.

Il existe de nombreuses astuces et méthodes très efficaces pour s’organiser et gagner en productivité pour s’épanouir et venir à bout de ses projets d’écriture. Je partage cela dans mes MasterClass. N’hésitez pas à les découvrir et à recevoir gratuitement mon petit guide d’écriture des 10 règles fondamentales pour réussir.

Atelier écriture roman

Cette formation est donnée par un écrivain brillant et passionnant qui excelle dans la transmission. Un régal pour votre intelligence et la sensibilité de votre âme.

Noté 5 sur 5
29 janvier 2023

On est accompagnée pas à pas et chaque pas est passionnant. Je me suis régalée du début à la fin. Il y a tant d’enseignements qui « daignent » s’abaisser à notre petit niveau qu’en trouver un qui part du principe qu’il s’adresse à des gens intelligents et imaginatifs est vraiment stimulant. Samuel Delage est un incroyable pédagogue. Il aime transmettre et il sait le faire comme personne car il prend un vrai plaisir à vous accompagner et à tirer le meilleur de vous-mêmes. Du grand art. Un immense merci. Florence

Florence

Un grand merci !

Noté 5 sur 5
23 janvier 2023

Vous nous offrez là un véritable kit, synthétique mais très complet, pour écrire un roman clés en mains, de la conception à la diffusion. Après les remarquables premiers pas de la Masterclass « Comment développer votre style d’écriture ? », on n’est vraiment pas déçu par cette deuxième Masterclass sur le « Challenge 5 jours pour préparer votre roman ». Cette fois-ci, tout y est : la conception d’abord (idée, personnages, plan). Non seulement c’est très structuré mais en plus tout est très clairement expliqué . En particulier pourquoi il est indispensable de connaître la fin dès le début. Je suis tombé dans ce piège pour mon second roman, bloqué au milieu faute de fin. Les étapes suivantes ( premier jet, relecture et récriture) reprennent ce qui a déjà été dit dans la précédente Masterclass, mais ajoutent des informations très importantes, comme toute la partie sur l’ironie dramatique et la surprise. On découvre les « trucs » de scénariste, et c’est passionnant. La partie finale sur la motivation est aussi très intéressante en ce sens qu’elle n’est pas trop dogmatique. Elle fait bien comprendre que chacun est libre de s’organiser comme il le souhaite à condition de se réserver des plages d’écriture fréquentes et régulières plutôt que longues ( ce qui est difficile pour quelqu’un comme moi qui met toujours beaucoup de temps à se plonger dans l’écriture, mais qui a autant de difficulté à s’en arracher une fois lancée). Je trouve ces Masterclasses tellement utiles que je les transcris en intégralité sur mon ordinateur, sans passer par la case « Notes ». Je ne veux rien risquer d’oublier… Un immense merci donc à Samuel d’avoir la générosité de partager les fruits de son expérience.

Véronique

Formation vraiment éclairante sur les codes de l'écriture contemporaine

Noté 5 sur 5
15 janvier 2023

Je viens de terminer la Masterclass » Comment développer votre style d’écriture ? ». J’ai trouvé l’ensemble assez remarquable, par sa clarté, sa concision et la logique de la méthodologie utilisée, qui développe les thèmes un par un de manière exhaustive. Si certaines règles, comme celles de la traque aux adverbes et à l’abus d’utilisation des adjectifs, ou encore la tendance contemporaine à écrire des phrases courtes, sont connues de tous ( bien que devant être prises non comme un impératif absolu mais comme une tendance générale), d’autres points sont beaucoup moins évidents. Grâce à cette formation, j’ai découvert beaucoup d’écueils que j’ignorais totalement, mais qui visiblement sont très importants pour les professionnels de l’édition., même si parfois la raison de l’ostracisme dont ils font l’objet m’apparaît discutable parce que leur justification profonde m’échappe un peu ou me laisse sceptique. Ainsi la limitation des conjonctions de coordination et des mots de liaison ( pour éviter les phrases trop longues ??), le fait de privilégier la voix active à la voix passive ( mais quid du passif pour accentuer l’idée qu’un personnage subit l’action sans pouvoir la diriger ?)) ou la forme affirmative à la forme négative (sauf que souvent, on discerne précisément ce que les choses, les êtres ou les actions ne sont pas ou ne veulent pas, ou n’arrivent pas, plutôt que l’inverse. C’est de la négativité ou de l’absence d’affirmation que peut découler le flou, l’angoisse ou le malaise). Tout à fait d’accord par contre avec l’importance à accorder à la ponctuation, aux perceptions sensorielles, à l’équilibre à établir entre les trois formes du récit., bien qu’à mon sens on a trop tendance aujourd’hui à vouloir privilégier le dialogue, supposé être « plus vivant ». Or un roman n’est pas une pièce de théâtre parsemée de prose.. Quant aux figures de style, je ne suis pas certaine que faire une lecture en dernier ressort pour tenter d’en inventer quelques-unes à parsemer sciemment dans son récit soit une bonne chose. Je vois plutôt la figure de style comme quelque chose qui surgit spontanément soit au cours du premier jet, soit au cours des innombrables relectures de son texte, quand on cherche à trouver la meilleure image ou la formulation la plus précise ou la plus évocatrice. Maintenant faut-il nécessairement se dire : « Ah, j’ai utilisé cinq métaphores dans ce chapitre, par contre je n’ai aucune synecdoque, anacoluthe ou anaphore, il faut que j’en place une ou deux » me paraît un exercice bien artificiel.. Mais bon, il est vrai que je n’ai jamais tenté l’expérience. Je vais le faire parce que le résultat final m’intéresse. Est-ce que l’ensemble sera meilleur ainsi ?
En résumé, il est extrêmement utile d’avoir tous ces codes de relecture en tête, surtout lorsqu’on cherche à se faire éditer, et c’est vrai qu’il est capital de les connaître. Maintenant est-ce que cela aide vraiment à trouver un style qui n’appartient qu’à soi et ne ressemble à aucun autre ? J’en doute fortement. La littérature contemporaine me semble au contraire incroyablement uniforme et écrite dans une langue basique, minimale.. 90% des romans qui paraissent ont des styles d’écriture similaires : phrases courtes qui donnent un rythme haché assez fatigant au bout d’un moment, syntaxe minimale, abus des nominales, disparition quasi systématique des propositions subordonnées, surtout circonstancielles.. J’entends bien que le but des éditeurs est de vendre, et donc de fournir des textes dont la lecture n’exigera aucun effort de la part du lecteur. Le fameuse exigence de « fluidité ». Mais n’est-ce-pas là le mépris suprême vis-à-vis du lecteur ? Penser qu’il n’est ni assez intelligent, ni assez cultivé, ni assez courageux pour lire des phrases complexes ? Il est certes essentiel de s’adresser aux émotions. Mais s’adresser aussi à l’intellect est-il si répréhensible ? J’ai beaucoup aimé la vidéo sur monsieur Victor Hugo, entre autres, qui honnit les adjectifs. Et pourtant, lorsqu’on lit ses romans et sa poésie, ils sont truffés d’adjectifs.. Que donnerait la lecture de toute la littérature du dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième siècle si on la passait à la moulinette de la lecture des 8 étapes de clarification mentionnées dans cette Masterclass ? .Les trois-quarts des auteurs se verraient jeter au panier, Proust avec ses interminables phrases alambiquées d’une demi-page, Hugo et son lyrisme grandiloquent, l’amour des longues descriptions et des détails infimes de Balzac (pourtant un délice) , etc. etc. En conclusion, je remercie infiniment Samuel Delage d’avoir pris le soin de décortiquer ainsi les règles d’écriture contemporaines . C’est effectivement indispensable si l’on veut être édité. De là à penser que ces règles permettront à l’auteur débutant de « faire ressortir son style unique » me semble plus contestable. Avoir ces règles en tête peut certainement permettre d’affiner un style et d’éviter les erreurs classiques des débutants. C’est une excellente chose, à condition toutefois de ne pas les appliquer au pied de la lettre et de savoir s’en affranchir lorsqu’on le juge nécessaire à son propos et à sa marque de fabrique personnelle. Tous les romans ne sont pas des romans d’action , des thrillers, des polars ou des faits divers sociaux. Les règles sont également à adapter au genre que l’on choisit. En tous cas, l’ensemble de cette Masterclass est d’autant plus passionnant qu’il suscite la discussion.. Merci à Samuel Delage de nous faire ainsi pénétrer dans les arcanes des codes de lecture des professionnels, c’est un cadeau sans prix !

Véronique

Replay live

Noté 5 sur 5
10 janvier 2023

Je n’en suis pas à ma première leçon avec Samuel DELAGE.
Vraiment les conseils de l’auteur sont clairs et motivants. Ce replay est nécessaire pour tous ceux en manque de motivation, ceux qui ont des doutes, ceux qui n’osent pas et je confirme que les autres master classe sont importantes afin d’atteindre ses objectifs. Désormais chaque jour je travaille un peu, je prends du temps pour l’écriture, pour l’apprentissage et de plus Samuel DELAGE est très réactif lorsque nous demandons conseils via la plateforme. Il est présent tout le long de notre projet. J’en sais quelque chose car j’ai du stopper ma formation un moment et j’ai repris et grâce à lui la motivation est là!
Ce replay live en demande un autre pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer!!
Merci Samuel pour toute cette motivation et ce discours clair à la portée de tous.

Francine

Sans le style, le roman n'existerait pas.

Noté 5 sur 5
5 janvier 2023

Cette 2ème formation sur le style m’a beaucoup enthousiasmée. Je vais l’écouter et la réécouter. Je crois que ce sont les notions les plus importantes ; savoir rédiger un récit, en permettant au lecteur de vivre en direct les scènes, ceci par le biais des mots choisis et leur emplacement. Merci Samuel pour votre générosité.
Danièle.

Danièle

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2 réflexions au sujet de « Le rituel créatif d’écriture »

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