Les 3 actes du récit - MasterClass écriture Samuel Delage

Les 3 actes du récit

Si la notion des 3 actes ne vous est pas étrangère, il n’est pas inutile d’en réviser certains points.

“L’art dramatique c’est quelque chose qui se transmet comme l’ébénisterie.”
Bernard Blier – Sonuma, interview de 1967

Écrire un roman, raconter une histoire, c’est passer par 3 phases incontournables. Ces 3 phases se positionnent par rapport à un élément, l’objectif du récit, qui, d’une certaine façon, est aussi l’objectif de votre personnage principal. Une histoire doit avoir un sens, un but.

Le premier acte se positionne avant la définition de l’objectif, le deuxième acte est celui de la poursuite de l’objectif, et le troisième acte celui de la résolution après la réussite ou l’échec face à l’objectif.

“La dramaturgie est synonyme d’embellissement dramatique : c’est l’art de la réticence, celui de savoir-faire une entrée, une sortie, c’est la poésie du théâtre.”
Charlie Chaplin – Ma vie

Premier acte

Le premier acte permet d’entrer dans le récit, grâce à l’incident déclencheur notamment et à l’exposition des personnages et de l’arène. Sans qu’aucune règle ne définisse clairement la taille précise des actes, il est toutefois raisonnable de considérer que le premier acte représente environ 5% à 10% de votre texte. Son rôle c’est l’accroche, de façon immédiate avec l’incident déclencheur, puis sans temps mort, plus en profondeur avec les personnages et l’univers de votre histoire. Une fois ce premier mouvement mis en place, le personnage principal doit formuler son objectif. Cet objectif doit apparaitre de façon très limpide, idéalement constituer une phrase ou un paragraphe dédié, qui se distingue. Le lecteur ne peut pas passer à côté. Pour que le lecteur soit impliqué et en phase avec le personnage, il doit absolument le comprendre. C’est uniquement à l’annonce de l’objectif principal du personnage que le moment est venu de passer au deuxième acte. C’est le moment où le lecteur se cale confortablement dans son siège et que même sans avoir la moindre connaissance en dramaturgie, il comprend que ça commence vraiment maintenant. Le lecteur est dans la peau de votre personnage, le plan a germé dans la tête du héros, et à présent, il passe à l’action.

Deuxième acte

Cet acte est le plus long du récit, il représente environ 80% à 90% de votre texte, c’est celui qui raconte l’histoire. Vos personnages affrontent les obstacles, avec plus ou moins de succès à chaque tentative. L’histoire progresse, vos héros évoluent, changent ou se transforment parfois.

Les dernières grandes actions du récit ponctuent cet acte central avec notamment le « climax », ou point culminant qui est la grande réponse de votre histoire. Ce « climax » marque aussi la fin du suspense de l’arche principal du récit, toutefois, de nombreuses intrigues restent à éclairer dans le troisième acte. C’est à la suite de ce grand bouleversement, du nouvel équilibre qui s’installe que démarre le troisième et dernier acte.

Troisième acte

Le troisième acte, c’est le temps de la conclusion du récit, mais c’est aussi le moment, si votre histoire le permet, de proposer un dernier rebondissement afin d’offrir une satisfaction encore plus grande au lecteur. Par exemple, votre personnage atteint son objectif dans le climax (fin acte 2), et alors que vous commencez le troisième acte, un mystère se glisse (entièrement connecté au récit). Il ne reste de l’antagoniste vaillamment combattu, qu’une main dans les flammes avec ses bagues distinctives. Quelques pages plus loin, alors que les résolutions de vos intrigues se poursuivent, à l’insu de votre personnage principal, dans l’ombre, une silhouette se déplace, un bras en écharpe. Vous venez d’installer la promesse d’une suite. Cela ne change pas la fin de votre histoire. Le climax victorieux du deuxième acte reste celui offert au lecteur, vous apportez simplement un élément complémentaire.

Ajouter un ultime rebondissement en troisième acte, en le préparant avec un incident déclencheur au début de ce même troisième acte, ne doit pas changer la résolution proposée dans le climax du deuxième acte. Le lecteur ne va pas aimer se faire « balader » de cette façon. La fin du deuxième acte doit rester la grande fin, mais il n’en reste pas moins que cette grande fin peut gagner en puissance.  

Le troisième acte, résolument le temps de la fin du récit, représente environ 5% à 10% de votre histoire. Il s’agit aussi de la dernière saveur qu’emportent les lecteurs. Celle qui fera toute la différence sur le jugement ou les impressions perçues à la lecture de votre livre. Vous pouvez tout réussir en quelques pages, ou tout saborder en une seule page. La satisfaction des lecteurs doit être la priorité absolue, et elle passe par l’empathie totale avec vos personnages, ainsi que leur compréhension. Tout comme le premier acte doit être fort pour donner envie aux lecteurs de continuer votre récit, le troisième acte doit être satisfaisant pour qu’ils se disent qu’ils n’ont pas perdu leur temps et qu’ils recommandent votre histoire tellement ils ont voyagé, vécus des émotions et appris des choses.

La dramaturgie des trois actes dans le récit va plus loin, des méthodes et outils permettent de préparer chaque partie.

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Atelier écriture roman

Cette formation est donnée par un écrivain brillant et passionnant qui excelle dans la transmission. Un régal pour votre intelligence et la sensibilité de votre âme.

Noté 5 sur 5
29 janvier 2023

On est accompagnée pas à pas et chaque pas est passionnant. Je me suis régalée du début à la fin. Il y a tant d’enseignements qui « daignent » s’abaisser à notre petit niveau qu’en trouver un qui part du principe qu’il s’adresse à des gens intelligents et imaginatifs est vraiment stimulant. Samuel Delage est un incroyable pédagogue. Il aime transmettre et il sait le faire comme personne car il prend un vrai plaisir à vous accompagner et à tirer le meilleur de vous-mêmes. Du grand art. Un immense merci. Florence

Florence

Un grand merci !

Noté 5 sur 5
23 janvier 2023

Vous nous offrez là un véritable kit, synthétique mais très complet, pour écrire un roman clés en mains, de la conception à la diffusion. Après les remarquables premiers pas de la Masterclass « Comment développer votre style d’écriture ? », on n’est vraiment pas déçu par cette deuxième Masterclass sur le « Challenge 5 jours pour préparer votre roman ». Cette fois-ci, tout y est : la conception d’abord (idée, personnages, plan). Non seulement c’est très structuré mais en plus tout est très clairement expliqué . En particulier pourquoi il est indispensable de connaître la fin dès le début. Je suis tombé dans ce piège pour mon second roman, bloqué au milieu faute de fin. Les étapes suivantes ( premier jet, relecture et récriture) reprennent ce qui a déjà été dit dans la précédente Masterclass, mais ajoutent des informations très importantes, comme toute la partie sur l’ironie dramatique et la surprise. On découvre les « trucs » de scénariste, et c’est passionnant. La partie finale sur la motivation est aussi très intéressante en ce sens qu’elle n’est pas trop dogmatique. Elle fait bien comprendre que chacun est libre de s’organiser comme il le souhaite à condition de se réserver des plages d’écriture fréquentes et régulières plutôt que longues ( ce qui est difficile pour quelqu’un comme moi qui met toujours beaucoup de temps à se plonger dans l’écriture, mais qui a autant de difficulté à s’en arracher une fois lancée). Je trouve ces Masterclasses tellement utiles que je les transcris en intégralité sur mon ordinateur, sans passer par la case « Notes ». Je ne veux rien risquer d’oublier… Un immense merci donc à Samuel d’avoir la générosité de partager les fruits de son expérience.

Véronique

Formation vraiment éclairante sur les codes de l'écriture contemporaine

Noté 5 sur 5
15 janvier 2023

Je viens de terminer la Masterclass » Comment développer votre style d’écriture ? ». J’ai trouvé l’ensemble assez remarquable, par sa clarté, sa concision et la logique de la méthodologie utilisée, qui développe les thèmes un par un de manière exhaustive. Si certaines règles, comme celles de la traque aux adverbes et à l’abus d’utilisation des adjectifs, ou encore la tendance contemporaine à écrire des phrases courtes, sont connues de tous ( bien que devant être prises non comme un impératif absolu mais comme une tendance générale), d’autres points sont beaucoup moins évidents. Grâce à cette formation, j’ai découvert beaucoup d’écueils que j’ignorais totalement, mais qui visiblement sont très importants pour les professionnels de l’édition., même si parfois la raison de l’ostracisme dont ils font l’objet m’apparaît discutable parce que leur justification profonde m’échappe un peu ou me laisse sceptique. Ainsi la limitation des conjonctions de coordination et des mots de liaison ( pour éviter les phrases trop longues ??), le fait de privilégier la voix active à la voix passive ( mais quid du passif pour accentuer l’idée qu’un personnage subit l’action sans pouvoir la diriger ?)) ou la forme affirmative à la forme négative (sauf que souvent, on discerne précisément ce que les choses, les êtres ou les actions ne sont pas ou ne veulent pas, ou n’arrivent pas, plutôt que l’inverse. C’est de la négativité ou de l’absence d’affirmation que peut découler le flou, l’angoisse ou le malaise). Tout à fait d’accord par contre avec l’importance à accorder à la ponctuation, aux perceptions sensorielles, à l’équilibre à établir entre les trois formes du récit., bien qu’à mon sens on a trop tendance aujourd’hui à vouloir privilégier le dialogue, supposé être « plus vivant ». Or un roman n’est pas une pièce de théâtre parsemée de prose.. Quant aux figures de style, je ne suis pas certaine que faire une lecture en dernier ressort pour tenter d’en inventer quelques-unes à parsemer sciemment dans son récit soit une bonne chose. Je vois plutôt la figure de style comme quelque chose qui surgit spontanément soit au cours du premier jet, soit au cours des innombrables relectures de son texte, quand on cherche à trouver la meilleure image ou la formulation la plus précise ou la plus évocatrice. Maintenant faut-il nécessairement se dire : « Ah, j’ai utilisé cinq métaphores dans ce chapitre, par contre je n’ai aucune synecdoque, anacoluthe ou anaphore, il faut que j’en place une ou deux » me paraît un exercice bien artificiel.. Mais bon, il est vrai que je n’ai jamais tenté l’expérience. Je vais le faire parce que le résultat final m’intéresse. Est-ce que l’ensemble sera meilleur ainsi ?
En résumé, il est extrêmement utile d’avoir tous ces codes de relecture en tête, surtout lorsqu’on cherche à se faire éditer, et c’est vrai qu’il est capital de les connaître. Maintenant est-ce que cela aide vraiment à trouver un style qui n’appartient qu’à soi et ne ressemble à aucun autre ? J’en doute fortement. La littérature contemporaine me semble au contraire incroyablement uniforme et écrite dans une langue basique, minimale.. 90% des romans qui paraissent ont des styles d’écriture similaires : phrases courtes qui donnent un rythme haché assez fatigant au bout d’un moment, syntaxe minimale, abus des nominales, disparition quasi systématique des propositions subordonnées, surtout circonstancielles.. J’entends bien que le but des éditeurs est de vendre, et donc de fournir des textes dont la lecture n’exigera aucun effort de la part du lecteur. Le fameuse exigence de « fluidité ». Mais n’est-ce-pas là le mépris suprême vis-à-vis du lecteur ? Penser qu’il n’est ni assez intelligent, ni assez cultivé, ni assez courageux pour lire des phrases complexes ? Il est certes essentiel de s’adresser aux émotions. Mais s’adresser aussi à l’intellect est-il si répréhensible ? J’ai beaucoup aimé la vidéo sur monsieur Victor Hugo, entre autres, qui honnit les adjectifs. Et pourtant, lorsqu’on lit ses romans et sa poésie, ils sont truffés d’adjectifs.. Que donnerait la lecture de toute la littérature du dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième siècle si on la passait à la moulinette de la lecture des 8 étapes de clarification mentionnées dans cette Masterclass ? .Les trois-quarts des auteurs se verraient jeter au panier, Proust avec ses interminables phrases alambiquées d’une demi-page, Hugo et son lyrisme grandiloquent, l’amour des longues descriptions et des détails infimes de Balzac (pourtant un délice) , etc. etc. En conclusion, je remercie infiniment Samuel Delage d’avoir pris le soin de décortiquer ainsi les règles d’écriture contemporaines . C’est effectivement indispensable si l’on veut être édité. De là à penser que ces règles permettront à l’auteur débutant de « faire ressortir son style unique » me semble plus contestable. Avoir ces règles en tête peut certainement permettre d’affiner un style et d’éviter les erreurs classiques des débutants. C’est une excellente chose, à condition toutefois de ne pas les appliquer au pied de la lettre et de savoir s’en affranchir lorsqu’on le juge nécessaire à son propos et à sa marque de fabrique personnelle. Tous les romans ne sont pas des romans d’action , des thrillers, des polars ou des faits divers sociaux. Les règles sont également à adapter au genre que l’on choisit. En tous cas, l’ensemble de cette Masterclass est d’autant plus passionnant qu’il suscite la discussion.. Merci à Samuel Delage de nous faire ainsi pénétrer dans les arcanes des codes de lecture des professionnels, c’est un cadeau sans prix !

Véronique

Replay live

Noté 5 sur 5
10 janvier 2023

Je n’en suis pas à ma première leçon avec Samuel DELAGE.
Vraiment les conseils de l’auteur sont clairs et motivants. Ce replay est nécessaire pour tous ceux en manque de motivation, ceux qui ont des doutes, ceux qui n’osent pas et je confirme que les autres master classe sont importantes afin d’atteindre ses objectifs. Désormais chaque jour je travaille un peu, je prends du temps pour l’écriture, pour l’apprentissage et de plus Samuel DELAGE est très réactif lorsque nous demandons conseils via la plateforme. Il est présent tout le long de notre projet. J’en sais quelque chose car j’ai du stopper ma formation un moment et j’ai repris et grâce à lui la motivation est là!
Ce replay live en demande un autre pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer!!
Merci Samuel pour toute cette motivation et ce discours clair à la portée de tous.

Francine

Sans le style, le roman n'existerait pas.

Noté 5 sur 5
5 janvier 2023

Cette 2ème formation sur le style m’a beaucoup enthousiasmée. Je vais l’écouter et la réécouter. Je crois que ce sont les notions les plus importantes ; savoir rédiger un récit, en permettant au lecteur de vivre en direct les scènes, ceci par le biais des mots choisis et leur emplacement. Merci Samuel pour votre générosité.
Danièle.

Danièle

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2 réflexions au sujet de « Les 3 actes du récit »

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