l'obstacle dans le récit - masterclass écriture Samuel Delage

Les obstacles dans le récit

Les obstacles sont au récit ce que la neige est au ski. On espère une neige abondante et de qualité. La nature des conflits qui animent les personnages peut être simple, ce qui va incarner et donner toute la dimension aux mouvements du récit sera la force, l’intelligence et l’originalité des obstacles. À petits obstacles petit récit… et à grands obstacles grands récit.

“L’obstacle nous fait grands.”
André Chénier – Le Jeu de paume

Plus l’objectif principal est difficile à atteindre pour le protagoniste, plus il aura de valeur. Ce n’est pas tant dans l’accumulation massive de petits obstacles que cette valeur s’apprécie, mais dans leur grandeur et leur singularité.

“La passion s’accroît en raison des obstacles qu’on lui oppose.”
William Shakespeare – Tout est bien qui finit bien

Les différents natures et types d’obstacles  

Les obstacles offrent une grande variété de possibilités et de combinaisons. Les premiers à se présenter à nous sont les relations de séductions entre les personnages. Les intrigues amoureuses sont présentes dans à peu près tous les genres de récits, à quelques exceptions près. L’obstacle peut être vécu par l’un des personnages qui est amoureux, mais ce sentiment n’est pas (ou pas encore) partagé. L’obstacle peut tout aussi bien être causé par l’entourage, un amour impossible (conflits entre familles, rivalité, différence d’âge, moralité ou coutumes, différence de milieu…). D’autres types d’obstacles très courants concernent notre société, la justice notamment, dans les polars quand il s’agit d’appréhender un criminel par exemple. En ce moment, de plus en plus de récits, livres, séries ou films, mettent en scène des obstacles du type dérèglement climatique, où les protagonistes s’affrontent sur le comportement à tenir et les actions à mener pour éviter le pire ou survivre à une situation cataclysmique.

“Tout est un moyen même l’obstacle.”
Ibn Séoud

Obstacles internes

Les obstacles internes concernent les personnages à proprement parler. C’est une identification importante qui va permettre de mieux caractériser chacun des personnages dans ce qu’ils sont et leurs combats personnels.

Un personnage peut se sentir coupable d’une situation par exemple, ce sera son obstacle, il devra le surmonter en effectuant certaines actions. Tous les sentiments forts tels que la vengeance, la jalousie, l’injustice, le manque de courage, la honte, la peur, l’avarice… sont des obstacles puissants.

Obstacles externes

Les obstacles externes se rapportent à tout ce qui n’est pas lié à un personnage. Ce sont des obstacles qui surgissent brutalement ou que le personnage subit depuis longtemps et face auxquels il doit à présent réagir.

Ce type d’obstacle peut être de la maltraitance, une maladie, un accident, une exclusion de groupe…

Les obstacles mixtes et le dilemme

Les obstacles mixtes sont riches et souvent très forts. Ils sont composés d’obstacles externes qui activent des obstacles internes ou vis-versa. Un obstacle interne force le personnage à agir et il provoque à cette occasion un autre obstacle externe ou interne. Cela peut aller jusqu’au dilemme, très payant émotionnellement.

Des exemples du genre sont très présents dans les films sur fond de catastrophe naturelle. Une pluie d’astéroïdes s’abat sur la planète, quelques familles sont sélectionnées pour préserver l’humanité et sont priées de rejoindre de toute urgence des bunkers sécurisés, avant qu’il ne soit trop tard. Dans un quartier résidentiel, une famille se prépare, elle a reçu la bonne nouvelle, elle est sélectionnée. Le père de famille est dentiste, dans les bunkers on aura besoin de dentistes. La voiture est chargée à la hâte tandis qu’à l’extérieur le ciel a déjà changé de couleur, des trainées de feu traversent les nuages, et sur toutes les télévisions des villes sont ravagées par les astéroïdes. Alors que la famille est prête à partir et à quitter définitivement son domicile, voiture chargée, des voisins arrivent. Aucun d’entre eux n’a reçu le message disant qu’ils ont été sélectionnés. Une mère tend sa petite fille à la vitre fermée de la voiture de sa voisine et amie. Mais la consigne du message est stricte, uniquement la famille, personne d’autre. C’est une mère face à une autre mère, une amie, une voisine. Les enfants se connaissent. Si elle refuse l’enfant, elle passe pour une femme sans cœur. Si elle l’accepte, toutes les autres familles vont se ruer sur la voiture.

L’exemple ci-dessus illustre un obstacle externe qui s’enchaine avec un obstacle interne créant un dilemme.

Force et impact des obstacles

Il est intéressant de noter qu’un obstacle dont le protagoniste est en partie responsable est plus satisfaisant pour le lecteur. L’art de se créer consciemment ou inconsciemment ses propres problèmes fait écho à notre nature avec davantage de charges émotionnelles. Dans les actions menant à dépasser un obstacle dont nous sommes en partie responsable, il y a une sorte de gratification supplémentaire liée à la « réparation » de ce qu’on s’est nous-mêmes infligé et potentiellement un enseignement plus fort à en tirer.  

“Un héros est une personne ordinaire qui trouve la force de supporter et de persévérer en dépit d’obstacles écrasants.”
Christopher Reeve

Trouvez le juste équilibre entre la force et la faiblesse d’un obstacle que vous placez face à votre personnage. Retenez que majoritairement, les obstacles sont trop faibles. Poussez les curseurs, au moins pour tester, ainsi, vous verrez si votre obstacle initial a encore un peu de saveur ensuite.

Pour aller plus loin, je vous encourage à suivre le fil de mes articles, à recevoir gratuitement le guide des 10 règles d’écriture pour réussir que je propose, ainsi que découvrir mes MasterClass.

Atelier écriture roman

Cette formation est donnée par un écrivain brillant et passionnant qui excelle dans la transmission. Un régal pour votre intelligence et la sensibilité de votre âme.

Noté 5 sur 5
29 janvier 2023

On est accompagnée pas à pas et chaque pas est passionnant. Je me suis régalée du début à la fin. Il y a tant d’enseignements qui « daignent » s’abaisser à notre petit niveau qu’en trouver un qui part du principe qu’il s’adresse à des gens intelligents et imaginatifs est vraiment stimulant. Samuel Delage est un incroyable pédagogue. Il aime transmettre et il sait le faire comme personne car il prend un vrai plaisir à vous accompagner et à tirer le meilleur de vous-mêmes. Du grand art. Un immense merci. Florence

Florence

Un grand merci !

Noté 5 sur 5
23 janvier 2023

Vous nous offrez là un véritable kit, synthétique mais très complet, pour écrire un roman clés en mains, de la conception à la diffusion. Après les remarquables premiers pas de la Masterclass « Comment développer votre style d’écriture ? », on n’est vraiment pas déçu par cette deuxième Masterclass sur le « Challenge 5 jours pour préparer votre roman ». Cette fois-ci, tout y est : la conception d’abord (idée, personnages, plan). Non seulement c’est très structuré mais en plus tout est très clairement expliqué . En particulier pourquoi il est indispensable de connaître la fin dès le début. Je suis tombé dans ce piège pour mon second roman, bloqué au milieu faute de fin. Les étapes suivantes ( premier jet, relecture et récriture) reprennent ce qui a déjà été dit dans la précédente Masterclass, mais ajoutent des informations très importantes, comme toute la partie sur l’ironie dramatique et la surprise. On découvre les « trucs » de scénariste, et c’est passionnant. La partie finale sur la motivation est aussi très intéressante en ce sens qu’elle n’est pas trop dogmatique. Elle fait bien comprendre que chacun est libre de s’organiser comme il le souhaite à condition de se réserver des plages d’écriture fréquentes et régulières plutôt que longues ( ce qui est difficile pour quelqu’un comme moi qui met toujours beaucoup de temps à se plonger dans l’écriture, mais qui a autant de difficulté à s’en arracher une fois lancée). Je trouve ces Masterclasses tellement utiles que je les transcris en intégralité sur mon ordinateur, sans passer par la case « Notes ». Je ne veux rien risquer d’oublier… Un immense merci donc à Samuel d’avoir la générosité de partager les fruits de son expérience.

Véronique

Formation vraiment éclairante sur les codes de l'écriture contemporaine

Noté 5 sur 5
15 janvier 2023

Je viens de terminer la Masterclass » Comment développer votre style d’écriture ? ». J’ai trouvé l’ensemble assez remarquable, par sa clarté, sa concision et la logique de la méthodologie utilisée, qui développe les thèmes un par un de manière exhaustive. Si certaines règles, comme celles de la traque aux adverbes et à l’abus d’utilisation des adjectifs, ou encore la tendance contemporaine à écrire des phrases courtes, sont connues de tous ( bien que devant être prises non comme un impératif absolu mais comme une tendance générale), d’autres points sont beaucoup moins évidents. Grâce à cette formation, j’ai découvert beaucoup d’écueils que j’ignorais totalement, mais qui visiblement sont très importants pour les professionnels de l’édition., même si parfois la raison de l’ostracisme dont ils font l’objet m’apparaît discutable parce que leur justification profonde m’échappe un peu ou me laisse sceptique. Ainsi la limitation des conjonctions de coordination et des mots de liaison ( pour éviter les phrases trop longues ??), le fait de privilégier la voix active à la voix passive ( mais quid du passif pour accentuer l’idée qu’un personnage subit l’action sans pouvoir la diriger ?)) ou la forme affirmative à la forme négative (sauf que souvent, on discerne précisément ce que les choses, les êtres ou les actions ne sont pas ou ne veulent pas, ou n’arrivent pas, plutôt que l’inverse. C’est de la négativité ou de l’absence d’affirmation que peut découler le flou, l’angoisse ou le malaise). Tout à fait d’accord par contre avec l’importance à accorder à la ponctuation, aux perceptions sensorielles, à l’équilibre à établir entre les trois formes du récit., bien qu’à mon sens on a trop tendance aujourd’hui à vouloir privilégier le dialogue, supposé être « plus vivant ». Or un roman n’est pas une pièce de théâtre parsemée de prose.. Quant aux figures de style, je ne suis pas certaine que faire une lecture en dernier ressort pour tenter d’en inventer quelques-unes à parsemer sciemment dans son récit soit une bonne chose. Je vois plutôt la figure de style comme quelque chose qui surgit spontanément soit au cours du premier jet, soit au cours des innombrables relectures de son texte, quand on cherche à trouver la meilleure image ou la formulation la plus précise ou la plus évocatrice. Maintenant faut-il nécessairement se dire : « Ah, j’ai utilisé cinq métaphores dans ce chapitre, par contre je n’ai aucune synecdoque, anacoluthe ou anaphore, il faut que j’en place une ou deux » me paraît un exercice bien artificiel.. Mais bon, il est vrai que je n’ai jamais tenté l’expérience. Je vais le faire parce que le résultat final m’intéresse. Est-ce que l’ensemble sera meilleur ainsi ?
En résumé, il est extrêmement utile d’avoir tous ces codes de relecture en tête, surtout lorsqu’on cherche à se faire éditer, et c’est vrai qu’il est capital de les connaître. Maintenant est-ce que cela aide vraiment à trouver un style qui n’appartient qu’à soi et ne ressemble à aucun autre ? J’en doute fortement. La littérature contemporaine me semble au contraire incroyablement uniforme et écrite dans une langue basique, minimale.. 90% des romans qui paraissent ont des styles d’écriture similaires : phrases courtes qui donnent un rythme haché assez fatigant au bout d’un moment, syntaxe minimale, abus des nominales, disparition quasi systématique des propositions subordonnées, surtout circonstancielles.. J’entends bien que le but des éditeurs est de vendre, et donc de fournir des textes dont la lecture n’exigera aucun effort de la part du lecteur. Le fameuse exigence de « fluidité ». Mais n’est-ce-pas là le mépris suprême vis-à-vis du lecteur ? Penser qu’il n’est ni assez intelligent, ni assez cultivé, ni assez courageux pour lire des phrases complexes ? Il est certes essentiel de s’adresser aux émotions. Mais s’adresser aussi à l’intellect est-il si répréhensible ? J’ai beaucoup aimé la vidéo sur monsieur Victor Hugo, entre autres, qui honnit les adjectifs. Et pourtant, lorsqu’on lit ses romans et sa poésie, ils sont truffés d’adjectifs.. Que donnerait la lecture de toute la littérature du dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième siècle si on la passait à la moulinette de la lecture des 8 étapes de clarification mentionnées dans cette Masterclass ? .Les trois-quarts des auteurs se verraient jeter au panier, Proust avec ses interminables phrases alambiquées d’une demi-page, Hugo et son lyrisme grandiloquent, l’amour des longues descriptions et des détails infimes de Balzac (pourtant un délice) , etc. etc. En conclusion, je remercie infiniment Samuel Delage d’avoir pris le soin de décortiquer ainsi les règles d’écriture contemporaines . C’est effectivement indispensable si l’on veut être édité. De là à penser que ces règles permettront à l’auteur débutant de « faire ressortir son style unique » me semble plus contestable. Avoir ces règles en tête peut certainement permettre d’affiner un style et d’éviter les erreurs classiques des débutants. C’est une excellente chose, à condition toutefois de ne pas les appliquer au pied de la lettre et de savoir s’en affranchir lorsqu’on le juge nécessaire à son propos et à sa marque de fabrique personnelle. Tous les romans ne sont pas des romans d’action , des thrillers, des polars ou des faits divers sociaux. Les règles sont également à adapter au genre que l’on choisit. En tous cas, l’ensemble de cette Masterclass est d’autant plus passionnant qu’il suscite la discussion.. Merci à Samuel Delage de nous faire ainsi pénétrer dans les arcanes des codes de lecture des professionnels, c’est un cadeau sans prix !

Véronique

Replay live

Noté 5 sur 5
10 janvier 2023

Je n’en suis pas à ma première leçon avec Samuel DELAGE.
Vraiment les conseils de l’auteur sont clairs et motivants. Ce replay est nécessaire pour tous ceux en manque de motivation, ceux qui ont des doutes, ceux qui n’osent pas et je confirme que les autres master classe sont importantes afin d’atteindre ses objectifs. Désormais chaque jour je travaille un peu, je prends du temps pour l’écriture, pour l’apprentissage et de plus Samuel DELAGE est très réactif lorsque nous demandons conseils via la plateforme. Il est présent tout le long de notre projet. J’en sais quelque chose car j’ai du stopper ma formation un moment et j’ai repris et grâce à lui la motivation est là!
Ce replay live en demande un autre pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer!!
Merci Samuel pour toute cette motivation et ce discours clair à la portée de tous.

Francine

Sans le style, le roman n'existerait pas.

Noté 5 sur 5
5 janvier 2023

Cette 2ème formation sur le style m’a beaucoup enthousiasmée. Je vais l’écouter et la réécouter. Je crois que ce sont les notions les plus importantes ; savoir rédiger un récit, en permettant au lecteur de vivre en direct les scènes, ceci par le biais des mots choisis et leur emplacement. Merci Samuel pour votre générosité.
Danièle.

Danièle

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