L'objectif du héros de fiction - masterclass écriture - Samuel Delage

L’objectif du personnage principal dans le récit

Se lancer dans l’écriture d’un roman sans un « objectif principal » pour votre héros ou votre héroïne, ce serait comme naviguer en plein océan, sans boussole, sans compas, ou sans GPS.

Dans le récit, le personnage principal doit suivre un grand objectif, lié à un conflit majeur qui constitue la colonne vertébrale de l’histoire. Les objectifs secondaires sont des passerelles reliées à l’objectif principal.

« Le secret, c’est de vivre au jour le jour, ici et maintenant, et de bien hiérarchiser les objectifs. Il y a la montagne à gravir et les étapes pour arriver au sommet. Ces étapes sont votre quotidien. »
Yannick Noah

Il est fondamental de pouvoir formuler en une phrase l’objectif principal de votre héros ou héroïne. Ainsi, en vous focalisant sur cet objectif, tout au long du récit, vous serez certain d’avancer dans le droit chemin… et vos lecteurs seront eux aussi parfaitement guidés par la suite. Il n’y aurait rien de plus dommageable pour les lecteurs que de ne pas comprendre clairement où va le personnage principal auquel ils doivent s’identifier. L’abandon du récit serait inévitable.

La force de l’objectif principal

La démarche consistant à établir un objectif principal pour le personnage central vous contraint également à en trouver un prometteur et pertinent. Par ailleurs, cet objectif principal, suffisamment convaincant, sera plus représentatif de votre propos et de vos thèmes tout en correspondant mieux à la caractérisation du héros ou de l’héroïne. « L’objectif principal » est le premier garant d’un projet de roman construit de façon organique, c’est-à-dire consolidée, répondant à une progression logique autour de laquelle tous les éléments du récit s’associent. Tout fera sens dans votre histoire et favorisera le plaisir de la lecture.

Suivant la nature de votre récit et son propos, l’objectif principal n’aura pas systématiquement pour vocation à transformer votre personnage central. L’important étant de rendre logiques et compréhensibles toutes les actions entreprises par votre personnage principal. Ce dernier doit être actif ou réactif, et ne pas subir l’action.

La notion d’objectif principal concerne le personnage central ou le duo ou le trio ou davantage le cas échéant. Pour ma part, dans ma trilogie de romans (Code Salamandre, Cabale Pyramidion et Arcanes Médicis), j’ai mis en scène un duo, Yvan Sauvage (expert en art et commissaire-priseur), accompagné de Marion Evans (Doctorante en histoire de l’art). Ils partagent pour chacune des histoires un même objectif principal, mais disposent de sous objectifs propres à leur caractérisation.

Dans Code Salamandre, Yvan et Marion sont à la recherche d’un trésor historique gravé dans la pierre du Château de Chambord depuis 5 siècles. Le secret de François 1er et Léonard de Vinci refait surface.

Dans Cabale Pyramidion, Yvan et Marion, au Caire, ne peuvent sauver leur vie qu’en retrouvant le pyramidion de Khéops disparu depuis 4500 ans.

Dans Arcanes Médicis, Yvan et Marion tombent dans un piège sournois à Rome, à la Villa Médicis. Ils ne pourront échapper aux griffes d’un criminel qu’en découvrant son antre en remontant la piste d’un trésor historique datant de la Seconde Guerre mondiale.

Caractéristiques de l’objectif principal

« N’oubliez pas qu’un objectif, tant qu’il n’est pas inscrit en noir sur blanc, ne reste qu’un souhait… Le crayon et le papier activent le subconscient et programment l’objectif. »
Ronna Herman

Il est souhaitable que l’objectif principal soit concret et précis. Plus son identification est limpide et forte plus la progression de l’histoire sera nette et sans ambiguïté. Votre personnage sera mieux compris par les lecteurs, même s’ils lisent votre récit de façon très hachée, sur plusieurs semaines par exemple. Plus lecteur sera en mesure de reconnecter simplement avec l’histoire et le personnage, plus son plaisir de lire sera préservé.

Par ailleurs, la force et la précision de l’objectif principal font directement écho avec l’enjeu associé. L’enjeu pour le héros ou l’héroïne dans le récit doit être à la mesure de l’objectif principal et vice versa. Pour prendre un exemple simple, dans la série Ted Lasso, le nouvel entraineur d’une équipe de football, que tout le monde trouve ringard, doit mener son groupe à la victoire. L’équipe ne fait que de perdre tous les matchs depuis le début de la saison. L’objectif principal de l’entraîneur est de gagner la confiance de son équipe, en leur prouvant que ses méthodes parfois peu conventionnelles sont payantes. L’enjeu n’est pas juste une victoire sur le terrain, mais éviter à tout prix la relégation et tout ce que cela implique pour les joueurs, c’est-à-dire de perdre la place en première division et briser des carrières.  

  • L’objectif principal doit être précis, très grand et fascinant si possible.
  • L’objectif principal doit être à la hauteur de l’enjeu pour le personnage central.
  • L’objectif principal doit être une épreuve difficile à atteindre.
  • L’objectif principal doit être la motivation absolue du héros ou de l’héroïne.
  • L’objectif principal doit être annoncé rapidement à la fin du premier acte du récit.
  • L’objectif principal doit être très bien compris par les lecteurs.

« L’objectif principal » est ici abordé dans les grandes lignes. Ce sujet est à approfondir. Je vous encourage à suivre le fil de mes articles, à recevoir gratuitement le guide des 10 règles d’écriture pour réussir que je propose, ainsi que découvrir mes MasterClass.

Atelier écriture roman

Cette formation est donnée par un écrivain brillant et passionnant qui excelle dans la transmission. Un régal pour votre intelligence et la sensibilité de votre âme.

Noté 5 sur 5
29 janvier 2023

On est accompagnée pas à pas et chaque pas est passionnant. Je me suis régalée du début à la fin. Il y a tant d’enseignements qui « daignent » s’abaisser à notre petit niveau qu’en trouver un qui part du principe qu’il s’adresse à des gens intelligents et imaginatifs est vraiment stimulant. Samuel Delage est un incroyable pédagogue. Il aime transmettre et il sait le faire comme personne car il prend un vrai plaisir à vous accompagner et à tirer le meilleur de vous-mêmes. Du grand art. Un immense merci. Florence

Florence

Un grand merci !

Noté 5 sur 5
23 janvier 2023

Vous nous offrez là un véritable kit, synthétique mais très complet, pour écrire un roman clés en mains, de la conception à la diffusion. Après les remarquables premiers pas de la Masterclass « Comment développer votre style d’écriture ? », on n’est vraiment pas déçu par cette deuxième Masterclass sur le « Challenge 5 jours pour préparer votre roman ». Cette fois-ci, tout y est : la conception d’abord (idée, personnages, plan). Non seulement c’est très structuré mais en plus tout est très clairement expliqué . En particulier pourquoi il est indispensable de connaître la fin dès le début. Je suis tombé dans ce piège pour mon second roman, bloqué au milieu faute de fin. Les étapes suivantes ( premier jet, relecture et récriture) reprennent ce qui a déjà été dit dans la précédente Masterclass, mais ajoutent des informations très importantes, comme toute la partie sur l’ironie dramatique et la surprise. On découvre les « trucs » de scénariste, et c’est passionnant. La partie finale sur la motivation est aussi très intéressante en ce sens qu’elle n’est pas trop dogmatique. Elle fait bien comprendre que chacun est libre de s’organiser comme il le souhaite à condition de se réserver des plages d’écriture fréquentes et régulières plutôt que longues ( ce qui est difficile pour quelqu’un comme moi qui met toujours beaucoup de temps à se plonger dans l’écriture, mais qui a autant de difficulté à s’en arracher une fois lancée). Je trouve ces Masterclasses tellement utiles que je les transcris en intégralité sur mon ordinateur, sans passer par la case « Notes ». Je ne veux rien risquer d’oublier… Un immense merci donc à Samuel d’avoir la générosité de partager les fruits de son expérience.

Véronique

Formation vraiment éclairante sur les codes de l'écriture contemporaine

Noté 5 sur 5
15 janvier 2023

Je viens de terminer la Masterclass » Comment développer votre style d’écriture ? ». J’ai trouvé l’ensemble assez remarquable, par sa clarté, sa concision et la logique de la méthodologie utilisée, qui développe les thèmes un par un de manière exhaustive. Si certaines règles, comme celles de la traque aux adverbes et à l’abus d’utilisation des adjectifs, ou encore la tendance contemporaine à écrire des phrases courtes, sont connues de tous ( bien que devant être prises non comme un impératif absolu mais comme une tendance générale), d’autres points sont beaucoup moins évidents. Grâce à cette formation, j’ai découvert beaucoup d’écueils que j’ignorais totalement, mais qui visiblement sont très importants pour les professionnels de l’édition., même si parfois la raison de l’ostracisme dont ils font l’objet m’apparaît discutable parce que leur justification profonde m’échappe un peu ou me laisse sceptique. Ainsi la limitation des conjonctions de coordination et des mots de liaison ( pour éviter les phrases trop longues ??), le fait de privilégier la voix active à la voix passive ( mais quid du passif pour accentuer l’idée qu’un personnage subit l’action sans pouvoir la diriger ?)) ou la forme affirmative à la forme négative (sauf que souvent, on discerne précisément ce que les choses, les êtres ou les actions ne sont pas ou ne veulent pas, ou n’arrivent pas, plutôt que l’inverse. C’est de la négativité ou de l’absence d’affirmation que peut découler le flou, l’angoisse ou le malaise). Tout à fait d’accord par contre avec l’importance à accorder à la ponctuation, aux perceptions sensorielles, à l’équilibre à établir entre les trois formes du récit., bien qu’à mon sens on a trop tendance aujourd’hui à vouloir privilégier le dialogue, supposé être « plus vivant ». Or un roman n’est pas une pièce de théâtre parsemée de prose.. Quant aux figures de style, je ne suis pas certaine que faire une lecture en dernier ressort pour tenter d’en inventer quelques-unes à parsemer sciemment dans son récit soit une bonne chose. Je vois plutôt la figure de style comme quelque chose qui surgit spontanément soit au cours du premier jet, soit au cours des innombrables relectures de son texte, quand on cherche à trouver la meilleure image ou la formulation la plus précise ou la plus évocatrice. Maintenant faut-il nécessairement se dire : « Ah, j’ai utilisé cinq métaphores dans ce chapitre, par contre je n’ai aucune synecdoque, anacoluthe ou anaphore, il faut que j’en place une ou deux » me paraît un exercice bien artificiel.. Mais bon, il est vrai que je n’ai jamais tenté l’expérience. Je vais le faire parce que le résultat final m’intéresse. Est-ce que l’ensemble sera meilleur ainsi ?
En résumé, il est extrêmement utile d’avoir tous ces codes de relecture en tête, surtout lorsqu’on cherche à se faire éditer, et c’est vrai qu’il est capital de les connaître. Maintenant est-ce que cela aide vraiment à trouver un style qui n’appartient qu’à soi et ne ressemble à aucun autre ? J’en doute fortement. La littérature contemporaine me semble au contraire incroyablement uniforme et écrite dans une langue basique, minimale.. 90% des romans qui paraissent ont des styles d’écriture similaires : phrases courtes qui donnent un rythme haché assez fatigant au bout d’un moment, syntaxe minimale, abus des nominales, disparition quasi systématique des propositions subordonnées, surtout circonstancielles.. J’entends bien que le but des éditeurs est de vendre, et donc de fournir des textes dont la lecture n’exigera aucun effort de la part du lecteur. Le fameuse exigence de « fluidité ». Mais n’est-ce-pas là le mépris suprême vis-à-vis du lecteur ? Penser qu’il n’est ni assez intelligent, ni assez cultivé, ni assez courageux pour lire des phrases complexes ? Il est certes essentiel de s’adresser aux émotions. Mais s’adresser aussi à l’intellect est-il si répréhensible ? J’ai beaucoup aimé la vidéo sur monsieur Victor Hugo, entre autres, qui honnit les adjectifs. Et pourtant, lorsqu’on lit ses romans et sa poésie, ils sont truffés d’adjectifs.. Que donnerait la lecture de toute la littérature du dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième siècle si on la passait à la moulinette de la lecture des 8 étapes de clarification mentionnées dans cette Masterclass ? .Les trois-quarts des auteurs se verraient jeter au panier, Proust avec ses interminables phrases alambiquées d’une demi-page, Hugo et son lyrisme grandiloquent, l’amour des longues descriptions et des détails infimes de Balzac (pourtant un délice) , etc. etc. En conclusion, je remercie infiniment Samuel Delage d’avoir pris le soin de décortiquer ainsi les règles d’écriture contemporaines . C’est effectivement indispensable si l’on veut être édité. De là à penser que ces règles permettront à l’auteur débutant de « faire ressortir son style unique » me semble plus contestable. Avoir ces règles en tête peut certainement permettre d’affiner un style et d’éviter les erreurs classiques des débutants. C’est une excellente chose, à condition toutefois de ne pas les appliquer au pied de la lettre et de savoir s’en affranchir lorsqu’on le juge nécessaire à son propos et à sa marque de fabrique personnelle. Tous les romans ne sont pas des romans d’action , des thrillers, des polars ou des faits divers sociaux. Les règles sont également à adapter au genre que l’on choisit. En tous cas, l’ensemble de cette Masterclass est d’autant plus passionnant qu’il suscite la discussion.. Merci à Samuel Delage de nous faire ainsi pénétrer dans les arcanes des codes de lecture des professionnels, c’est un cadeau sans prix !

Véronique

Replay live

Noté 5 sur 5
10 janvier 2023

Je n’en suis pas à ma première leçon avec Samuel DELAGE.
Vraiment les conseils de l’auteur sont clairs et motivants. Ce replay est nécessaire pour tous ceux en manque de motivation, ceux qui ont des doutes, ceux qui n’osent pas et je confirme que les autres master classe sont importantes afin d’atteindre ses objectifs. Désormais chaque jour je travaille un peu, je prends du temps pour l’écriture, pour l’apprentissage et de plus Samuel DELAGE est très réactif lorsque nous demandons conseils via la plateforme. Il est présent tout le long de notre projet. J’en sais quelque chose car j’ai du stopper ma formation un moment et j’ai repris et grâce à lui la motivation est là!
Ce replay live en demande un autre pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer!!
Merci Samuel pour toute cette motivation et ce discours clair à la portée de tous.

Francine

Sans le style, le roman n'existerait pas.

Noté 5 sur 5
5 janvier 2023

Cette 2ème formation sur le style m’a beaucoup enthousiasmée. Je vais l’écouter et la réécouter. Je crois que ce sont les notions les plus importantes ; savoir rédiger un récit, en permettant au lecteur de vivre en direct les scènes, ceci par le biais des mots choisis et leur emplacement. Merci Samuel pour votre générosité.
Danièle.

Danièle

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