comment creer un pitch implacable

Comment créer un pitch dramatique implacable ?

Le pitch dramatique c’est de lui que l’histoire nait et affirme sa promesse. C’est l’expression la plus concentrée de votre histoire, que tout lecteur ou spectateur peut mémoriser presque de façon immédiate et transmettre avec enthousiasme à son entourage. La magie du récit doit opérer dès le pitch.

Le pitch dramatique, quand il est bien conçu, est la clé capable de déclencher le « bouche à oreille ».

Une idée c’est comme un pain au chocolat. Il faut la laisser refroidir pour voir si elle est vraiment bonne.
Serge Uzzan

Le meilleur moyen d’avoir une bonne idée est d’en avoir beaucoup.
Linus Pauling

Le pitch dramatique remplit en réalité deux fonctions. La première, celle d’un phare pour l’auteur, son cap à suivre au moment de la création et tout au long de l’écriture. Tout ce que l’auteur conçoit et couche sur le papier doit répondre au pitch et s’inscrire dans la direction donnée. C’est l’assurance de ne jamais se perdre, ni pour l’auteur ni pour le lecteur. Et la seconde fonction du pitch, c’est la vente. Vous voulez avoir une chance de convaincre un éditeur, un producteur, un agent ? Concevez un pitch de badass et pas fadass ! Si c’est pour proposer une énième histoire déjà 1000 fois traitées, retournez dans votre atelier et usinez un nouveau pitch.

Un pitch efficace, c’est un pitch qui tourne comme une horloge, qui fait sens et qui est suffisamment puissant pour emporter une histoire. C’est aussi le signe d’un auteur réfléchi, qui sait où il va et en qui on peut, à priori, avoir confiance. La conception du pitch est une phase d’anticipation indispensable, surtout pour des débutants qui veulent se donner une chance de réussir, et exigée dans tous les cas pour les auteurs déjà aguerris.

Le pitch doit emporter le morceau d’emblée. Pas besoin de se taper les 350 pages pour déjà piger que votre histoire c’est de la balle. Vous n’avez que quelques secondes pour convaincre à la fois les professionnels d’acheter votre histoire, mais aussi les lecteurs ou spectateurs de la découvrir… sinon, ils passent tous à un autre pitch (et les pitchs ne manquent pas, des centaines de livres sont disponibles à côté du vote, tout comme on fait défiler les séries sur Netflix pour en choisir une prometteuse). C’est d’ailleurs pour cette raison d’immédiateté qu’en plus du pitch vous devez idéalement créer une « tagline » à votre histoire. Les anglicismes sont légion, désolé pour ceux que ça heurte. Le mot « pitch » c’est déjà le cas, et j’en rajoute une couche, vous pouvez même l’appeler « logline ».

« Pitch » ou « Logline » : votre histoire en une phrase idéalement, deux ou trois au maximum. Nous verrons ensuite comment construire le pitch et quels sont les éléments fondamentaux qui le rendent si puissant et complet, malgré sa concision.

« Tagline » : votre slogan, encore plus court que le pitch, car sa fonction représente une intention, presque un sous-titre foudroyant. La tagline tient en seulement quelques mots, 2, 3, 5 au maximum. La tagline pointe une des promesses ou une des forces de l’histoire, ça peut être l’ambiance, le lieu, le personnage ou le dilemme majeur, ou être une comparaison avec une autre histoire, ou film ou série emblématique.  

Ce qu’il vous faut :

  • Un titre qui claque
  • Une tagline qui arrache
  • Un pitch qui atomise

Concrètement, une 4ème de couverture de livre c’est déjà beaucoup trop long pour convaincre, être retenu et partagé rapidement. Précéder ou remplacer la 4ème de couverture par un pitch et/ou une tagline peut être bien plus efficace.  Exemple avec les deux derniers romans d’Olivier Norek, un titre en un mot, une 4ème de couverture en 2 lignes pour « Surface » et en 3 lignes pour « Impact ».

Pour que vous compreniez bien, mettez-vous dans la peau d’un éditeur qui va découvrir votre histoire. Il reçoit 5000 manuscrits par an. Votre texte sera d’abord lu par une seule personne du service des manuscrits… et la lecture s’arrêtera à 10, 20 ou 30 pages dans 90% des cas, sauf si vous vous donnez des chances supplémentaires (cf Guide des 10 règles fondamentales pour réussir). S’il y a une éventuelle lueur d’espoir de la part de ce lecteur du service des manuscrits, alors un second lecteur se positionnera. Et peut-être, seulement si les feux sont au vert, que votre texte remontera d’un étage, voire, jusqu’à l’éditeur. Mais si vous avez un pitch redoutable, qui fait sens immédiatement, là, ça change tout. Et autant dire que si en plus vous avez soigné l’écriture, vous passez directement à la case éditeur. Pourquoi cacher le trésor de votre histoire dans 350 pages alors que vous pourriez l’exposer en une ou deux phrases directement et sans en déflorer son secret.

Allons encore plus loin. L’éditeur est convaincu, c’est l’histoire qu’il lui faut, le pitch est extraordinaire, la promesse est décapante d’originalité, c’est du neuf servi sur plateau d’argent. L’éditeur va vous proposer un contrat, et tout de suite il va pouvoir traduire et envoyer votre pitch à tous les agents internationaux. Et convaincre de la même façon et aussi rapidement que ça a été le cas pour lui en vous découvrant. Vous voulez des exemples ?

  • Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent, pitch percutant, excellent livre, qui a dépassé les 30 traductions dont une majorité signée avant même sa publication en France.
  • La chambre des merveilles de Julien Sandrel, également avec un pitch efficace, couronné par plus de 30 traductions dont certaines signées avant même la publication en France.
  • En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeau, pitch décapant, récit éclatant d’originalité, publié par un petit éditeur bordelais (Éditions Finitudes), dont l’histoire à secouer le milieu du livre, engendré la vente de plus de 400 000 exemplaires et a été distingué par plus de 10 Prix littéraires. On ne compte plus le nombre de traductions également.

Mais ce n’est pas tout, puisqu’un pitch fort est capable de convaincre d’emblée des éditeurs français et étrangers, la magie opère de la même façon avec les producteurs pour les adaptations audiovisuelles.  

Je vous tiens là, je le vois ça dans vos rétines, ça clignote. On y est. Mûr pour passer à l’étape suivante…

Comment créer un pitch dramatique efficace ?

Le pitch efficace contient le détonateur, la poudre, le personnage et son enjeu, le lieu et la situation avec la problématique. Combinez tout ça avec des verbes d’action et déclenchez…

Vous devez séduire immédiatement, provoquer de l’émotion. Le pitch doit idéalement imposer des situations fortes et visuelles. Il se suffit à lui-même sans avoir besoin de trois pages d’explications, confuses.

Remplissez les cases avec les éléments de votre histoire :

Dans telle arène, à la suite de tel incident déclencheur, tel(s) personnage(s) se bat(tent) contre tels obstacles pour atteindre tel objectif.

Différentes combinaisons sont possibles, mais les éléments principaux doivent figurer dans votre pitch.

Cette première approche du pitch n’est pas exhaustive et de nombreux spécialistes, la développe largement depuis de nombreuses années déjà.

Pour aller plus loin, en plus du mon guide gratuit des 10 règles fondamentales d’écriture pour réussir, je vous encourage à découvrir les MasterClass que je propose.

Atelier écriture roman

Cette formation est donnée par un écrivain brillant et passionnant qui excelle dans la transmission. Un régal pour votre intelligence et la sensibilité de votre âme.

Noté 5 sur 5
29 janvier 2023

On est accompagnée pas à pas et chaque pas est passionnant. Je me suis régalée du début à la fin. Il y a tant d’enseignements qui « daignent » s’abaisser à notre petit niveau qu’en trouver un qui part du principe qu’il s’adresse à des gens intelligents et imaginatifs est vraiment stimulant. Samuel Delage est un incroyable pédagogue. Il aime transmettre et il sait le faire comme personne car il prend un vrai plaisir à vous accompagner et à tirer le meilleur de vous-mêmes. Du grand art. Un immense merci. Florence

Florence

Un grand merci !

Noté 5 sur 5
23 janvier 2023

Vous nous offrez là un véritable kit, synthétique mais très complet, pour écrire un roman clés en mains, de la conception à la diffusion. Après les remarquables premiers pas de la Masterclass « Comment développer votre style d’écriture ? », on n’est vraiment pas déçu par cette deuxième Masterclass sur le « Challenge 5 jours pour préparer votre roman ». Cette fois-ci, tout y est : la conception d’abord (idée, personnages, plan). Non seulement c’est très structuré mais en plus tout est très clairement expliqué . En particulier pourquoi il est indispensable de connaître la fin dès le début. Je suis tombé dans ce piège pour mon second roman, bloqué au milieu faute de fin. Les étapes suivantes ( premier jet, relecture et récriture) reprennent ce qui a déjà été dit dans la précédente Masterclass, mais ajoutent des informations très importantes, comme toute la partie sur l’ironie dramatique et la surprise. On découvre les « trucs » de scénariste, et c’est passionnant. La partie finale sur la motivation est aussi très intéressante en ce sens qu’elle n’est pas trop dogmatique. Elle fait bien comprendre que chacun est libre de s’organiser comme il le souhaite à condition de se réserver des plages d’écriture fréquentes et régulières plutôt que longues ( ce qui est difficile pour quelqu’un comme moi qui met toujours beaucoup de temps à se plonger dans l’écriture, mais qui a autant de difficulté à s’en arracher une fois lancée). Je trouve ces Masterclasses tellement utiles que je les transcris en intégralité sur mon ordinateur, sans passer par la case « Notes ». Je ne veux rien risquer d’oublier… Un immense merci donc à Samuel d’avoir la générosité de partager les fruits de son expérience.

Véronique

Formation vraiment éclairante sur les codes de l'écriture contemporaine

Noté 5 sur 5
15 janvier 2023

Je viens de terminer la Masterclass » Comment développer votre style d’écriture ? ». J’ai trouvé l’ensemble assez remarquable, par sa clarté, sa concision et la logique de la méthodologie utilisée, qui développe les thèmes un par un de manière exhaustive. Si certaines règles, comme celles de la traque aux adverbes et à l’abus d’utilisation des adjectifs, ou encore la tendance contemporaine à écrire des phrases courtes, sont connues de tous ( bien que devant être prises non comme un impératif absolu mais comme une tendance générale), d’autres points sont beaucoup moins évidents. Grâce à cette formation, j’ai découvert beaucoup d’écueils que j’ignorais totalement, mais qui visiblement sont très importants pour les professionnels de l’édition., même si parfois la raison de l’ostracisme dont ils font l’objet m’apparaît discutable parce que leur justification profonde m’échappe un peu ou me laisse sceptique. Ainsi la limitation des conjonctions de coordination et des mots de liaison ( pour éviter les phrases trop longues ??), le fait de privilégier la voix active à la voix passive ( mais quid du passif pour accentuer l’idée qu’un personnage subit l’action sans pouvoir la diriger ?)) ou la forme affirmative à la forme négative (sauf que souvent, on discerne précisément ce que les choses, les êtres ou les actions ne sont pas ou ne veulent pas, ou n’arrivent pas, plutôt que l’inverse. C’est de la négativité ou de l’absence d’affirmation que peut découler le flou, l’angoisse ou le malaise). Tout à fait d’accord par contre avec l’importance à accorder à la ponctuation, aux perceptions sensorielles, à l’équilibre à établir entre les trois formes du récit., bien qu’à mon sens on a trop tendance aujourd’hui à vouloir privilégier le dialogue, supposé être « plus vivant ». Or un roman n’est pas une pièce de théâtre parsemée de prose.. Quant aux figures de style, je ne suis pas certaine que faire une lecture en dernier ressort pour tenter d’en inventer quelques-unes à parsemer sciemment dans son récit soit une bonne chose. Je vois plutôt la figure de style comme quelque chose qui surgit spontanément soit au cours du premier jet, soit au cours des innombrables relectures de son texte, quand on cherche à trouver la meilleure image ou la formulation la plus précise ou la plus évocatrice. Maintenant faut-il nécessairement se dire : « Ah, j’ai utilisé cinq métaphores dans ce chapitre, par contre je n’ai aucune synecdoque, anacoluthe ou anaphore, il faut que j’en place une ou deux » me paraît un exercice bien artificiel.. Mais bon, il est vrai que je n’ai jamais tenté l’expérience. Je vais le faire parce que le résultat final m’intéresse. Est-ce que l’ensemble sera meilleur ainsi ?
En résumé, il est extrêmement utile d’avoir tous ces codes de relecture en tête, surtout lorsqu’on cherche à se faire éditer, et c’est vrai qu’il est capital de les connaître. Maintenant est-ce que cela aide vraiment à trouver un style qui n’appartient qu’à soi et ne ressemble à aucun autre ? J’en doute fortement. La littérature contemporaine me semble au contraire incroyablement uniforme et écrite dans une langue basique, minimale.. 90% des romans qui paraissent ont des styles d’écriture similaires : phrases courtes qui donnent un rythme haché assez fatigant au bout d’un moment, syntaxe minimale, abus des nominales, disparition quasi systématique des propositions subordonnées, surtout circonstancielles.. J’entends bien que le but des éditeurs est de vendre, et donc de fournir des textes dont la lecture n’exigera aucun effort de la part du lecteur. Le fameuse exigence de « fluidité ». Mais n’est-ce-pas là le mépris suprême vis-à-vis du lecteur ? Penser qu’il n’est ni assez intelligent, ni assez cultivé, ni assez courageux pour lire des phrases complexes ? Il est certes essentiel de s’adresser aux émotions. Mais s’adresser aussi à l’intellect est-il si répréhensible ? J’ai beaucoup aimé la vidéo sur monsieur Victor Hugo, entre autres, qui honnit les adjectifs. Et pourtant, lorsqu’on lit ses romans et sa poésie, ils sont truffés d’adjectifs.. Que donnerait la lecture de toute la littérature du dix-neuvième siècle et de la première moitié du vingtième siècle si on la passait à la moulinette de la lecture des 8 étapes de clarification mentionnées dans cette Masterclass ? .Les trois-quarts des auteurs se verraient jeter au panier, Proust avec ses interminables phrases alambiquées d’une demi-page, Hugo et son lyrisme grandiloquent, l’amour des longues descriptions et des détails infimes de Balzac (pourtant un délice) , etc. etc. En conclusion, je remercie infiniment Samuel Delage d’avoir pris le soin de décortiquer ainsi les règles d’écriture contemporaines . C’est effectivement indispensable si l’on veut être édité. De là à penser que ces règles permettront à l’auteur débutant de « faire ressortir son style unique » me semble plus contestable. Avoir ces règles en tête peut certainement permettre d’affiner un style et d’éviter les erreurs classiques des débutants. C’est une excellente chose, à condition toutefois de ne pas les appliquer au pied de la lettre et de savoir s’en affranchir lorsqu’on le juge nécessaire à son propos et à sa marque de fabrique personnelle. Tous les romans ne sont pas des romans d’action , des thrillers, des polars ou des faits divers sociaux. Les règles sont également à adapter au genre que l’on choisit. En tous cas, l’ensemble de cette Masterclass est d’autant plus passionnant qu’il suscite la discussion.. Merci à Samuel Delage de nous faire ainsi pénétrer dans les arcanes des codes de lecture des professionnels, c’est un cadeau sans prix !

Véronique

Replay live

Noté 5 sur 5
10 janvier 2023

Je n’en suis pas à ma première leçon avec Samuel DELAGE.
Vraiment les conseils de l’auteur sont clairs et motivants. Ce replay est nécessaire pour tous ceux en manque de motivation, ceux qui ont des doutes, ceux qui n’osent pas et je confirme que les autres master classe sont importantes afin d’atteindre ses objectifs. Désormais chaque jour je travaille un peu, je prends du temps pour l’écriture, pour l’apprentissage et de plus Samuel DELAGE est très réactif lorsque nous demandons conseils via la plateforme. Il est présent tout le long de notre projet. J’en sais quelque chose car j’ai du stopper ma formation un moment et j’ai repris et grâce à lui la motivation est là!
Ce replay live en demande un autre pour tous ceux qui n’ont pas eu la chance d’y participer!!
Merci Samuel pour toute cette motivation et ce discours clair à la portée de tous.

Francine

Sans le style, le roman n'existerait pas.

Noté 5 sur 5
5 janvier 2023

Cette 2ème formation sur le style m’a beaucoup enthousiasmée. Je vais l’écouter et la réécouter. Je crois que ce sont les notions les plus importantes ; savoir rédiger un récit, en permettant au lecteur de vivre en direct les scènes, ceci par le biais des mots choisis et leur emplacement. Merci Samuel pour votre générosité.
Danièle.

Danièle

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2 réflexions au sujet de « Comment créer un pitch dramatique implacable ? »

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